Grèce- chapitre 3, des pneus boue, pas des pneus sable

Il parait que nous apprenons de nos erreurs. J'avais appris que l'utilisation des autoroutes était une chose inutile. Bien sur c'est plus rapide, mais c'est aussi cher et, surtout, vous ne voyez rien du paysage. J'ai donc solennellement juré de les utiliser le moins possible.

Mais commençons par le commencement. Je me suis réveillé tôt, j'ai mangé mon dernier petit-déjeuner à Olympie et j'ai décidé que j'allais prendre une douche, ma première douche dans le minivan. Le problème était que mon réservoir d'eau était vide. Un rapide coup d'œil sur une carte m'a montré qu'il y avait une rivière à proximité, et je suis parti dans l'espoir de le remplir. Quelques instants plus tard, j'arrivais à un chemin menant au bord de la rivière. Je parle de chemin mais en fait c'était un marais. Moi, étant inexpérimenté et sachant que j'avais des pneus boue et 4 roues motrices, je n'ai pas réfléchi longtemps, je me suis engagé et suis arrivé au bord. Petit problème: l'eau était à peu près aussi claire et propre que l'historique de recherche d'un adolescent.

Cependant, ce n'était pas grave car j'avais repéré une fontaine d'eau non loin de l'endroit où j'étais. C'est seulement alors que j'ai réalisé que je devais faire un demi-tour pour sortir de là. Et qu'il n'y avait pas assez de place pour faire ce demi-tour. Heureusement, à environ 5 m dans la rivière, il y avait une île avec suffisamment d'espace pour faire demi tour, alors j'ai pataugé dans l'eau pour tester la profondeur et voir si le minivan pouvait traverser. Dès que je suis entré dans le liquide trouble, ma jambe s'est enfoncée jusqu'au genou. Génial. Heureusement mon autre pied était encore sur la rive et j'ai réussi à me sortir de lá. Cela m'a cependant coûté ma tong, elle n'est jamais revenue des profondeurs boueuses.

C'était décidé alors, je devrais sortir de là en marche arrière. Après avoir mis quelques branches sur le sol pour fournir une traction de départ, j'ai engagé la marche arrière, mis pédale au plancher et voilà, j'étais sorti.

Cette aventure passée, je me suis dirigé vers la fontaine, ai rempli le réservoir et pris ma première douche. Il y a quelque chose de particulier à se laver dans la nature au milieu de nulle part, surtout si le soleil brille. Je n'y étais pas habitué mais c'était une nouvelle expérience très agréable.

Je me dirigeais maintenant vers Killini, le port d'où partaient les ferries pour Zakynthos. J'ai conduit à travers la campagne côtière grecque, jonchée de fantômes témoins du passé comme ce bâtiment abandonné, tout le long de la route. Je me suis retrouvé à conduire le long de la côte, traversant des villages et des champs couverts de plastique blanc jusqu'à ce que je vois un chemin, tout juste assez large pour une voiture, quitte la route principale et me dirige vers la plage. Ne l'ayant pas vu depuis plus d'un an et demi, je n'ai pas pu résister.

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J'ai roulé sur la plage jusqu'à ce que j'atteigne les restes d'une maison qui avait brûlé. Autour d'elle se tenaient des carcasses de bateaux condamnés à ne plus jamais repartir, et un moteur de voiture, tellement brûlé que le boîtier de la boîte de vitesses s'était brisé. Je me suis attardé dans cet endroit quelque peu apaisant jusqu'à ce que l'envie d'aller nager me frappe. Urgence rapidement calmée par la température de l'eau. "Ainsi soit-il", pensais-je, "je peux aussi continuer mon cheminr". Je suis remonté et j'ai commencé à faire demi tour..

Pour une meilleure compréhension, je dois décrire la scène. La voiture était en fait au sommet de la plage, juste contre les dunes. La plage elle-même était sur une pente allant jusqu'à l'eau. Alors que je commençais à faire demi-tour, les deux tonnes du minivan glissèrent lentement plus près du bord. La loi de Murphy stipule que "tout ce qui peut aller mal, se passera mal", et se passa mal. Alors que je remontais vers le haut de la plage vers un sable plus compact, une vague, plus grosse que toutes les autres, balaya les roues arrière et les enfouit dans le sable. J'étais coincé.

J'ai tout essayé. Passage en 4 roues motrices à bas régime, installation de bois sous les pneus, traction et poussée, creusement et remplissage. Rien n'a fonctionné. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé que les roues tournaient dans le vide, la voiture reposait sur le plancher. En d'autres termes, je ne m'en sortirais pas tout seul.

Cette dure réalité acceptée, je marchais pieds nus (mes chaussures s'étaient mouillées alors que j'essayais de me dégager), me dirigeant vers le village que je venais de traverser dans l'espoir qu'il y ait quelqu'un avec un tracteur, prêt à me tirer.

Nikos, c'est le nom de l'homme qui m'a pris en stop sur le bord de la route. Travaillant dans un hôtel voisin il parlait un anglais correct et j'ai pu lui expliquer mon problème. Heureusement pour moi, il vivait dans le village où je me rendais et il connaissait un gars qui connaissait un gars. Sur le chemin, il m'a expliqué que sous le plastique blanc des champs, les pastèques poussaient. Une fois que nous sommes arrivés au village, nous sommes allés à l'épicerie, avont expliqué ma situation et 10 minutes plus tard, nous attendions que l'épicier arrive à l'entrée du chemin.

Heureusement, j'avais des sangles de remorquage dans le minivan et, une fois attachées à l'arrière du tracteur, j'ai été remorqué en toute sécurité. N'ayant jamais été autant au contact avec des tracteurs, je n'avais jamais réalisé à quel point ils avaient du jus. Il m'a tiré de là comme si j'étais une simple balle de foin.

 

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À ma grande surprise, il ne m'a pas attendu et est retourné directement au village. Ainsi, après avoir remercié Nikos à profusion, je suis retourné au village pour le remercier. Malheureusement, il était introuvable. Sa femme était là par contre, et grâce à des dessins et à de nombreux gestes, j'ai pu lui dire ce qui s'était passé et lui dire que je voulais remercier son mari. Elle m'a fait comprendre qu'elle le ferait pour moi.

Bien qu'ayant perdu énormément de temps, c'était de loin l'une des journées les plus amusantes à ce jour. J'ai aussi appris une leçon importante: j' ai des pneus boue, pas des pneus sable.

 

 

 

Nemo FaucherComment