Grèce- chapitre 1, James

Parti tard dans l'après-midi, il était près de 21h quand je suis finalement arrivé à Patra et ai traversé le pont enjambant la mer qui sépare le nord de la péninsule du Péloponnèse du continent. Inutile de dire que je n'avais pas particulièrement envie de conduire toute la nuit et et me suis rapidement arrêté dans une autre station-service. Mis à part un étrange chien errant aboyant à toute voiture qui passait, la nuit fut paisible.

Au petit matin, je me suis levé, ai acheté le petit-déjeuner, l'ai mangé et j'ai décidé de me brosser les dents. Malheureusement pour moi, le poivre que j'avais à l'arrière du camion a alors décidé qu'il était temps d'en finir, et le coffre étant ouvert, a décidé d'essayer la chute libre, sans parachute.

Et voilà, j'étais à genoux, ramassant du poivre et du verre brisé sur le sol quand James est arrivé. Il m'a offert de l'aide pour nettoyer le désordre que j'avais créé et ensemble nous avons rapidement tout ramassé. Pendant que nous nettoyions, il m'a parlé un peu de lui-même: il était américain et faisait de la randonnée en Europe depuis trois mois. Malheureusement, n'ayant plus d'argent et il devait maintenant rentrer chez lui. Il devait prendre un avion à Athènes au milieu de la semaine suivante et en attendant, il se dirigeait vers Corinthe, où un hote de couchsurfing l'attendait. N'ayant personne à qui parler depuis un moment et voulant l'aider, je lui ai proposé de le conduire là-bas, oui ça m'a pris comme ça, et alors? Un petit moment plus tard, le temps de me brosser les dents et de charger son sac dans le minivan et nous étions partis.

Nous nous sommes très bien entendu et bientôt nous discutions pendant que les kilometres défilaient. Il était le plus jeune de 5 frères et sœurs et n'avait pas d'emploi fixe ou de maison. C'était par choix, et non à cause des circonstances puisqu'il travaillait habituellement pendant 6 mois et voyageait les 6 mois suivants. La discussion s'est ensuite portée sur nos voyages respectifs, les aventures que nous avions eu avant de passer à des choses comme les voitures et la musique. Nous étions tellement absorbés par nos conversations que nous n'avons pas réalisé que je n'étais pas sorti de l'autoroute au bon moment. Cette erreur (chanceuse) fut rapidement rattrapée à la première station essence.

Il se trouve que la plupart des stations en Grèce sont connectées aux routes secondaires, tout ce que vous devez faire est d'ignorer les panneaux "interdiction d'entrer" installés sur les portes grandes ouvertes. Nous étions maintenant sur une piste de terre, ma première piste de terre, je n'ai jamais été si heureux de ne pas avoir pris la bonne sortie! La route était cahoteuse, poussiéreuse et à certains endroits, sacrément raide. Le précipice sur le côté la rendait plus intéressante encore. Ensuite, il y avait la vue. C'était magnifique. Jamais je n'avais imaginé qu'il pourrait y avoir autant de nuances de vert dans un champ.

Je passe rapidement sur quelques virages sinueux et étroits et nous voila sur l'ancienne autoroute, allant dans la bonne direction. La conversation, momentanément arrêtée par la vue, recommença et continua tout le long du déjeuner que nous avons partagé une fois arrivés à Corinthe. Puis vint le triste moment de la séparation, James allant retrouver son hôte et moi me dirigeant vers ma prochaine étape: Olympie.

Nemo FaucherComment